Rémi Goguel, Secrétaire Général depuis 8 ans, partage avec nous sa passion pour sa fonction et pour le Mouvement.
Tu occupes le poste de Secrétaire Général depuis 8 ans maintenant, qu’est ce qui t’as poussé à prolonger ton mandat ?
Je m’étais engagé pour 2 ans au départ. Il se trouve que des raisons personnelles et des conditions internes ici, m’ont amené à prolonger mon engagement. Ma fonction a notamment connu des évolutions qui m’ont amenées à élargir mes missions et à relever de nouveaux défis pour le Mouvement. Chaque changement a renouvelé mon intérêt pour le poste.
Qu’est ce qui te plait dans ce poste ?
D’abord, la possibilité de progresser ! J’ai appris dans de nombreux domaines. Les responsabilités et les missions riches et variées attachées à la fonction de Secrétaire Général, m’ont permis d’être pleinement associé à la conduite du changement dans l’association pendant ces huit années, avec les instances dirigeantes bénévoles, Conseil d’Administration et Bureau.
Au départ ma fonction était très centrée sur la gestion administrative de l’association, puis en 2007 nous avons créé le poste de responsable administratif et financier, ce qui m’a permis de me consacrer au développement du Mouvement et de ses partenariats. Il y a aussi une forte dimension de représentation extérieure dans la fonction que j’occupe, avec une multiplicité de partenaires ecclésiaux, institutionnels, scouts, etc. qui m’a énormément plu.
J’aime aussi la dimension collective de l’action, le travail en équipe et en réseau. J’ai la chance d’animer l’Equipe Nationale, dont les salariés sont aussi militants du projet de l’association. Cette équipe rassemble aussi des bénévoles et ponctuellement des stagiaires et des volontaires en service civique. D’autre part j’ai collaboré avec plusieurs équipes de Bureau successives. Je trouve enthousiasmant de travailler avec des militants associatifs très engagés. Par ailleurs, le projet éducatif que porte l’association, donne un véritable sens à mon travail. Le projet des EEUdF, les buts et l’impact social qu’il vise, nous place dans une configuration différente de celle de l’ entreprise à but lucratif, en terme de sens et de rapport au travail.
Quelles sont les grandes orientations ou décisions prises pour le mouvement et auxquelles tu as contribué ?
J’ai contribué à l’élaboration des orientations à long terme de l’association à travers la préparation du rapport d’orientation 2008-2020, avec notamment un axe fort sur l’éducation à la protection de la nature et à une forme de vie simple. Il y a là pour moi un enjeu essentiel pour l’avenir.
J’ai participé à l’impulsion de la stratégie de développement, qui a permis au Mouvement de retrouver le chemin de la croissance, avec une hausse des effectifs de 25% au cours des quatre dernières années. Pour financer cet effort de développement, j’ai aussi contribué à redynamiser le réseau d’amis et de donateurs qui soutiennent l’action du Mouvement.
Mais bien sûr tous les résultats obtenus sont d’abord le fruit d’un travail collectif, collaboratif, porté par l’ensemble des membres de l’association.
Tu vas prochainement passer le relai à un successeur. A ton avis, quels défis doit-il s’attendre à devoir relever ?
Sur l’éducation à la protection de la nature, l’un des principaux défis sera de composer une équipe de bénévoles pour porter ce dossier qui est actuellement en panne..
Sur le développement des ressources, nous engageons actuellement un programme de recherche de « grands donateurs », qui suppose une approche renouvelée de nos relations avec nos donateurs et plus largement avec notre réseau.
Le prochain secrétaire général devra aussi soutenir et accompagner le Bureau et l’équipe en charge du développement, dans la mise en œuvre du nouveau plan de développement et d’une stratégie globale qui visera à articuler le développement avec beaucoup d’autres leviers et vecteurs de croissance.
Actuellement nous cherchons mon successeur, le recrutement est en cours et j’espère avec ces quelques lignes, susciter de l’intérêt pour ce poste !
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Propos recueillis par Marjorie Leduc


En sommes-nous des consommateurs ou acteurs ??? Pas forcément !

Mouvement agréé par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, les EEUdF revendiquent légitimement leur appartenance à l’éducation populaire. Mais au fond, savons-nous exactement ce que signifie ce terme? Dans quelle mesure le défendons-nous dans notre projet éducatif ? Petit rappel des faits…
Ma perception du vingtième siècle fut que le phénomène marquant ne fut ni le nazisme, ni le communisme (des totalitarismes avaient déjà existé auparavant) mais l’irruption de la technique qui a permis de décupler les actions et donc les horreurs de ces régimes. Une technique qui a permis la libération de l’homme de taches physiquement dures mais qui a sa propre logique d’auto-alimentation induisant des effets secondaires dépassant l’intention première de ceux ayant initiés ces techniques. Les techniques industrielles au 20ème siècle ont certes permis la facilité des transports mais aussi engendrées la pollution et le changement climatique. Ces techniques sont également devenues financières pour financer des entreprises mais aussi souvent spéculer.
Quelques entrepreneurs indélicats cherchent parfois à privatiser les bénéfices de leur entreprise les années fastes puis à nationaliser les pertes lors des années de crise. C’est-à-dire, comme l’a montré Marx, à s’accaparer la richesse et laisser la collectivité payer les dégâts sociaux. La même dérive s’observe sur le principe pollueur – payeur quasiment jamais appliqué intégralement : une entreprise pollue mais laisse le soin à la collectivité de payer la dégradation de l’environnement qu’elle induit. L’agriculture conventionnelle est subventionnée par rapport à l’agriculture biologique puisque c’est la collectivité qui finance très majoritairement les stations de traitement des eaux destinées à dépolluer les eaux des nitrates et autres polluants de l’agriculture conventionnelle. De même, malgré les multiples taxes sur l’essence, celles ci sont loin de couvrir les coûts supportés par la collectivité pour le transport routier (coût des encombrements, des accidents de la route, des infrastructures, du traitement des maladies respiratoires, du réchauffement climatique). Nous privatisons les bénéfices (je roule avec ma voiture) et nous faisons payer à la collectivité et aux générations futures son vrai coût (le réchauffement climatique). Ces incitations fiscales à polluer sont encore très nombreuses et bien que scandaleuses, très peu combattues, excepté par les écologistes. L’objectif de notre société devrait pourtant être d’édicter des règles permettant une concurrence loyale entre entreprises en faisant effectivement supporter les coûts des pollutions par leurs auteurs pour ne pas dissuader les entreprises se souciant de l’environnement. Pour éviter une prédation des ressources et une dégradation de l’environnement déjà à l’œuvre.
A nous citoyen de nous organiser pour que la cupidité de quelques uns ne provoque pas le naufrage de tous. L’élément cardinal du 21ème siècle sera les conséquences de la dégradation de l’environnement et l’épuisement des ressources. Aussi, le combat écologique est la priorité, ma priorité. C’est aussi un combat social car ce sont les pauvres, ayant moins de facilité financière pour s’adapter, qui en paieront le prix le plus fort. Le réchauffement climatique se fait déjà sentir : il a induit une augmentation du prix des céréales l’année dernière et par voie de conséquences des révoltes populaires dans des pays arabes ayant engendré le printemps arabe.
Je soutiens la candidature d’Eva Joly à la présidentielle car elle incarne ce combat nécessaire pour le courage et contre le gaspillage, pour la justice et contre les paradis fiscaux, pour une meilleur qualité de vie et contre la propagande télévisuelle. Nous n’arriverons pas à lutter contre la dégradation de l’environnement sans une lutte contre les paradis fiscaux, sans l’imposition de règles à respecter par tous.
La logique scoute
Et la logique scoute tout cela ? C’est l’apprentissage de la vie, de la vie en collectivité. S’engager comme responsable c’est expérimenter qu’un idéal (la Loi scoute) est nécessaire pour permettre aux jeunes de se construire mais qu’il faut aussi des règles de vie. C’est expérimenter que l’espérance de l’Evangile peut être vécu mais qu’un camp a aussi besoin d’un budget et d’une comptabilité. S’engager comme responsable, c’est prendre le risque de l’action sans se résigner dans le « yaqua, faucon » pour construire un monde meilleur. L’exemple du chef scout est nécessaire pour ses louveteaux et ses éclaireurs mais il ne suffit pas : il y a aussi besoin de règles. S’engager dans le scoutisme, c’est donc chercher à tenir toutes ces contraintes en même temps. Au service d’un idéal et d’une espérance et non pour engraisser un actionnaire. Au contraire du jeune cadre dynamique d’une entreprise qui s’investirai à fond sans se poser de questions (« il s’exténue et s’anémie pour assurer la prospérité d’un parasite ou d’un tyran » selon le mot de Cioran), être responsable c’est offrir sa générosité et son pragmatisme pour apprendre aux jeunes à construire un monde meilleur. L’apprentissage de la vie dans ce qu’elle a de plus beau et de plus exigeante.
L’équipe d’organisation du Roverway cherche encore des volontaires pour participer au bon déroulement du camp, du 20 au 28 juillet 2012.
Construite comme un voyage à travers le Pérou, elle éveillera vos cinq sens à travers des photos, des vidéos, des sons, des épices et des objets et vous transportera du fin fond de l’Amazonie au Machu Picchu en passant par la nébuleuse capitale, Lima.
Vous l’aurez compris, ce ne serait pas juste de vous raconter que mon engagement à gauche a des liens avec le scoutisme. Même si le partage, la fraternité, l’éducation vers l’émancipation sont des valeurs que je retrouve.



Aujourd’hui, je suis davantage impliqué dans l’association qui éduque à l’utilisation de Wikipédia, et monte des partenariats entre celle-ci et diverses institutions. Pourquoi ? Parce que Wikipédia est une idée en laquelle je crois et que j’ai envie de défendre et de rendre plus réelle chaque jour.
Car oui, des questions, il y en a. Des responsabilités et des décisions importantes aussi. Car tout n’est pas facile : il faut, dans les deux côtés, faire des
concessions avec mes collègues : mon double engagement réduit forcément ma disponibilité d’implication dans ces deux groupes. Mes week-end sont toujours
chargé, il arrive parfois que ce soit éprouvant. Il faut aussi que j’arrive à jongler avec les dates et les emplois du temps, ce qui est toujours casse-tête… Mais
tout cela est compensé par des forts moments de joie et d’expériences inoubliables : quand j’ai vu ces louveteaux qui ont participés à la fête de noël de la
paroisse en chantant un chant et on faisant les figurants du spectacle alors que la grande majorité d’entre eux n’était jamais entrés dans un temple ! Quand j’ai vu
ces jeunes de 14 ans chanter d’une même voix le cantique des patrouilles en commun avec les éclaireurs lors du week-end de Pierrefonds ! Ces moments vécu,
aussi brefs qu’ils soient, regorgent d’intensités, de souvenirs, d’émotions, et de rêves. Les rêves que nous pouvons bâtir ensemble, et que nous pouvons
espérer. Espérer à un monde plus juste, meilleur, ou la solidarité et l’amour l’emporteront sur la compétition et la rivalité. Ceci est dans la Bible, est se trouve aussi
dans le projet des EEUDF.