mardi 26 juin 2012

Bien manger en camp ! Privilégions une cuisine saine et durable.

Illustration_Dossier_de_refle_blogChoucroute en boîte, pizza surgelée, sauce bolognaise industrielle ne sont pas une fatalité sur un camp scout. Le Mouvement, dans sa volonté d’apprendre à mieux consommer et d’ améliorer nos pratiques durant les camps, encourage chaque membre à s’inscrire dans la pratique d’une cuisine saine et durable.

Et les initiatives se multiplient : la région FCBPM a reconduit l’action « de la fourche à la fourchette » sur les camps d’été qu’elle a accueilli. Le concept ? des visites d’exploitations de producteurs locaux sont organisées afin de sensibiliser chacun à l’environnement et à une nourriture saine.

D’autres actions telles que le stage 2ème degré Pédago Bouffe en octobre dernier (initié par la région Phare Ouest à Poitiers) ou la participation d’un groupe unioniste à la réalisation de l’ouvrage « Cuisiner nature , recettes et activités pour manger autrement » sont autant d’exemples de la réelle implication du Mouvement sur la problématique du « Bien manger en camp ».

Enfin, la région Val de Seine a réalisé « le guide de la bonne bouffe en camp » pour ses responsables. Ce manuel, adapté au niveau national sous la forme d’un livret intitulé « Bien manger en camp » a reçu le label PNA (Plan National pour l’Alimentation ». Il explique de manière ludique et attrayante comment organiser l’intendance d’un camp, propose des fiches recettes très précises pour cuisiner et explique aux responsables l’intérêt éducatif de cette activité et la place prépondérante qu’elle peut prendre dans un projet pédagogique.

Pierre angulaire de la démarche de préservation de la nature et du projet éducatif des EEUdF, il s’agit de développer des actions complémentaires, capables d’impulser de réels changements dans le mode d’alimentation et de balayer les idées préconçues sur la préparation de repas en plein air.

lundi 25 juin 2012

Signons la pétition en faveur de l’éducation à la nature, à l’environnement et au développement durable !

LOGO cfee

Le Collectif Français pour l’Education à l’Environnement vers un Développement Durable (CFEEDD) appelle l’ensemble des citoyens à se mobiliser à ses côtés pour inscrire l’éducation à la nature, à l’environnement et au développement durable dans une politique publique forte en signant la pétition.

Nous invitons également les adhérents et amis du Mouvement à suivre le pas !

Pour en savoir plus cliquez ici

vendredi 20 avril 2012

Trois logiques

Aujourd’hui, c’est Frederic qui nous parle de son engagement multi-casquete en politique, en Eglise et dans le scoutisme

Mes différents engagements comme conseiller presbytéral d’une paroisse protestante réformée, comme militant d’un parti politique et comme membre des EEUdF à de multiples fonctions (enfant, responsable, formateur, équipier régional, membre de commission, conseiller de groupe local) m’ont permis d’identifier différentes logiques à l’œuvre. Je m’attarderai effectivement sur ces notions de logique car je considère qu’aucune action humaine n’est commise sans intention, sans insertion dans le cadre conceptuel (l’habitus dirait le sociologue Pierre Bourdieu) de l’auteur de l’action. vie_spirituelle_EEUdF_article2

La logique évangélique : Ma perception du message biblique est que l’annonce de la grâce de Dieu est donnée en abondance aux hommes, continuellement pêcheurs mais aussi sans cesse relevés par Jésus-Christ. Jésus-Christ nous pardonne et nous aime malgré nos défauts et nos erreurs, malgré notre condition humaine en quelque sorte. Cet amour donné sans retenue, abondamment, nous permet à notre tour de pardonner et d’aimer notre prochain. Cette grâce n’est pas un commerce où l’on donne pour recevoir. « Vous avez appris qu’il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre » (Matthieu 5, versets 38 & 39). Une proposition déroutante, difficile à vivre tous les jours dans sa radicalité : « Scandale pour les juifs et folie pour les païens » comme le notait l’apôtre Paul (1 Corinthiens 1, verset 23) mais qui nous permet finalement d’aimer notre prochain. A la question d’un pharisien à Jésus pour savoir quel est le plus grand commandement, Jésus répondit : «  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi même. » (Matthieu 22, versets 37 à 39). Le message biblique est donc subversif comme le notait le théologien Jacques Ellul puisqu’il ne s’apparente pas au commerce des bons sentiments, des cadeaux donnés et reçus en retour tel que nous l’enseigne la morale de notre société. Ce que je retiens du message du Christ est d’abord un élan, une gratuité, une espérance. Une espérance contagieuse même : c’est le témoignage chrétien.

La logique politique Mon engagement politique m’a permis de percevoir que la logique politique est d’abord celle du rapport de forces. Pas forcément un rapport de force destiné à écraser les autres (ce qui constitue alors une déviance de la politique, une conquête du pouvoir pour la jouissance du pouvoir) mais permettant de construire une majorité se reconnaissant dans un projet (la conquête du pouvoir a pour objectif la mise en œuvre d’un projet). Le peuple mandatera alors cette majorité pour gouverner. La politique est un lieu particulier puisque c’est le lieu d’articulation des priorités : quelles redistributions, quelles règles de vie communes, quels investissements collectifs, quelles anticipations pour permettre demain une vie collective harmonieuse ? Une fois élue, la majorité a la légitimité de mettre en place son programme, de contraindre chacun par le biais de lois et de règlements dans le cadre que le peuple aura accepté, dans le cadre de la constitution. De ce fait, l’Etat dispose alors du monopole de la violence légitime pour s’assurer que chacun applique la loi, que personne - y compris les puissants - n’y échappe. electeurMa perception du vingtième siècle fut que le phénomène marquant ne fut ni le nazisme, ni le communisme (des totalitarismes avaient déjà existé auparavant) mais l’irruption de la technique qui a permis de décupler les actions et donc les horreurs de ces régimes. Une technique qui a permis la libération de l’homme de taches physiquement dures mais qui a sa propre logique d’auto-alimentation induisant des effets secondaires dépassant l’intention première de ceux ayant initiés ces techniques. Les techniques industrielles au 20ème siècle ont certes permis la facilité des transports mais aussi engendrées la pollution et le changement climatique. Ces techniques sont également devenues financières pour financer des entreprises mais aussi souvent spéculer. Quelques entrepreneurs indélicats cherchent parfois à privatiser les bénéfices de leur entreprise les années fastes puis à nationaliser les pertes lors des années de crise. C’est-à-dire, comme l’a montré Marx, à s’accaparer la richesse et laisser la collectivité payer les dégâts sociaux. La même dérive s’observe sur le principe pollueur – payeur quasiment jamais appliqué intégralement : une entreprise pollue mais laisse le soin à la collectivité de payer la dégradation de l’environnement qu’elle induit. L’agriculture conventionnelle est subventionnée par rapport à l’agriculture biologique puisque c’est la collectivité qui finance très majoritairement les stations de traitement des eaux destinées à dépolluer les eaux des nitrates et autres polluants de l’agriculture conventionnelle. De même, malgré les multiples taxes sur l’essence, celles ci sont loin de couvrir les coûts supportés par la collectivité pour le transport routier (coût des encombrements, des accidents de la route, des infrastructures, du traitement des maladies respiratoires, du réchauffement climatique). Nous privatisons les bénéfices (je roule avec ma voiture) et nous faisons payer à la collectivité et aux générations futures son vrai coût (le réchauffement climatique). Ces incitations fiscales à polluer sont encore très nombreuses et bien que scandaleuses, très peu combattues, excepté par les écologistes. L’objectif de notre société devrait pourtant être d’édicter des règles permettant une concurrence loyale entre entreprises en faisant effectivement supporter les coûts des pollutions par leurs auteurs pour ne pas dissuader les entreprises se souciant de l’environnement. Pour éviter une prédation des ressources et une dégradation de l’environnement déjà à l’œuvre. A nous citoyen de nous organiser pour que la cupidité de quelques uns ne provoque pas le naufrage de tous. L’élément cardinal du 21ème siècle sera les conséquences de la dégradation de l’environnement et l’épuisement des ressources. Aussi, le combat écologique est la priorité, ma priorité. C’est aussi un combat social car ce sont les pauvres, ayant moins de facilité financière pour s’adapter, qui en paieront le prix le plus fort. Le réchauffement climatique se fait déjà sentir : il a induit une augmentation du prix des céréales l’année dernière et par voie de conséquences des révoltes populaires dans des pays arabes ayant engendré le printemps arabe. Je soutiens la candidature d’Eva Joly à la présidentielle car elle incarne ce combat nécessaire pour le courage et contre le gaspillage, pour la justice et contre les paradis fiscaux, pour une meilleur qualité de vie et contre la propagande télévisuelle. Nous n’arriverons pas à lutter contre la dégradation de l’environnement sans une lutte contre les paradis fiscaux, sans l’imposition de règles à respecter par tous.

eeudf La logique scoute Et la logique scoute tout cela ? C’est l’apprentissage de la vie, de la vie en collectivité. S’engager comme responsable c’est expérimenter qu’un idéal (la Loi scoute) est nécessaire pour permettre aux jeunes de se construire mais qu’il faut aussi des règles de vie. C’est expérimenter que l’espérance de l’Evangile peut être vécu mais qu’un camp a aussi besoin d’un budget et d’une comptabilité. S’engager comme responsable, c’est prendre le risque de l’action sans se résigner dans le « yaqua, faucon » pour construire un monde meilleur. L’exemple du chef scout est nécessaire pour ses louveteaux et ses éclaireurs mais il ne suffit pas : il y a aussi besoin de règles. S’engager dans le scoutisme, c’est donc chercher à tenir toutes ces contraintes en même temps. Au service d’un idéal et d’une espérance et non pour engraisser un actionnaire. Au contraire du jeune cadre dynamique d’une entreprise qui s’investirai à fond sans se poser de questions (« il s’exténue et s’anémie pour assurer la prospérité d’un parasite ou d’un tyran » selon le mot de Cioran), être responsable c’est offrir sa générosité et son pragmatisme pour apprendre aux jeunes à construire un monde meilleur. L’apprentissage de la vie dans ce qu’elle a de plus beau et de plus exigeante.

Frédéric Faverjon

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mardi 17 avril 2012

Entre feux de camps et luttes sociales... En mouvement !

Nous revenons avec le témoignages d’Héloise, militante au front de gauche

J’ai grandi dans une famille de scouts protestants, pas de militants. À la maison on racontait des veillées et des grands jeux, pas des grèves et des manifs. Pourtant, alors que j’ai choisi de faire du scoutisme, car on m’a demandé mon avis, être résolument de gauche, ça s’est imposé comme une évidence. Même si tous mes engagements sont réfléchis.

J’avais 7 ans en 1989, à la chute du mur. La télévision, les discussions dans la cour… mon premier souvenir politique. 1990, la première guerre en Irak, la mère d’Alexandre, mon voisin et ami, était contre, c’était la seule mais ça avait l’air plutôt chouette. Et l’été 1991, la fin de l’URSS. Ces moments sont gravés dans ma mémoire pour toujours, comme l’apparition d’une conscience aigüe que le monde bougeait autour de moi et que c’était pas toujours joli joli pour les gens normaux. Entre temps, pendant un voyage en Espagne, mon père raconte la guerre civile et je veux comprendre ce que c’est que le front populaire, les anarchistes, tout ça… « Il y a des gens qui pensent que si quelques-uns ne peuvent pas avoir de voiture, alors tout le monde roule à vélo »… L’idée m’a bien bottée.

Je suis convaincue que l’accumulation de richesse sans limite est contraire au vivre ensemble. Je pense aussi que les plus faibles peuvent mettre leur force en commun pour faire changer les choses. Alors vers 2000, au moment où je commençais à être responsable de louveteaux, je me suis engagée dans le mouvement altermondialiste, puis dans les mouvements étudiants, et il y a eu plein d’autres mouvements avant la campagne du Front de gauche. fdg Vous l’aurez compris, ce ne serait pas juste de vous raconter que mon engagement à gauche a des liens avec le scoutisme. Même si le partage, la fraternité, l’éducation vers l’émancipation sont des valeurs que je retrouve.

	Un mot pourtant : Mouvement... de jeunesse, du christianisme social, altermondialiste, mouvements des femmes, étudiants, sociaux... Le mot mouvement, voilà qui réunit mes engagements depuis une quinzaine d’années. Aux EEUDF comme dans tous les collectifs, partis, syndicats où j’ai milité, j’ai été en action pour faire bouger le monde. Debout à 7H00 du matin le dimanche pour une sortie en forêt ou pour tracter sur un marcher... Même plaisir !

J’aime la force du collectif en action. Avec lui j’ai échangé, réfléchi, je me suis formé, j’ai transmis. Ce sont deux expériences perpétuellement fondatrices pour moi, même si je ne fais presque plus de scoutisme alors que vous n’êtes pas prêt de me voir arrêter de militer.

J’appartiens à ces deux mondes où l’on pense, différemment, qu’un autre monde est possible. Celui où l’on chante des cantiques et des chants de veillée. Et celui où on lève le poing et crie des slogans. Celui où l’on bâtit des projets éducatifs et forme des jeunes. Et celui où l’on construit des revendications de transformation sociale et où on lutte. J’appartiens à ces deux mondes où l’on crée, rit et se fait des camarades, des amis, des frères.

Dans notre pays il doit y avoir à peu près le même pourcentage infime de scouts que de militants du mouvement social, et les uns ne se retrouvent pas chez les autres. Je porte sur mon blouson, bien à côté l’un de l’autre, le badge du Front de gauche et celui des 100 ans du guidisme. J’appartiens à ces deux mondes et… j’en suis fière !

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lundi 2 avril 2012

un monde dans lequel chacun puisse avoir libre accès à la somme de toutes les connaissances humaines

C’est au tour de Benjamin de nous parler de sa participation au projet Wikipedia et de la complémentarité qu’il y retrouve avec le scoutisme

En 2005, je découvre Wikipédia et commence à y participer, d’abord en créant ou améliorant quelques courts articles, ensuite en m’impliquant de plus en plus dans la vie de l’encyclopédie, puis dans sa promotion auprès du grand public. Sept ans plus tard, je participe toujours à Wikipédia et à l’association française qui promeut et facilite la création de contenu pour l’encyclopédie et ses « projets frères », Wikimédia France. Au départ, je ne voyais aucun lien entre cette participation à Wikipédia et mon engagement aux EEUdF, qui date des louveteaux. Pourtant, je crois aujourd’hui que ces deux engagements se rejoignent et se complètent. wikipedia

En arrivant sur Wikipédia, la première chose qui m’a surprise était que je puisse, comme tout autre internaute, apporter ma pierre à l’édifice. Quoi, moi, lycéen à l’époque, je peux écrire une encyclopédie au même titre qu’un chercheur ? De même que le scoutisme est fondé sur la croyance que l’éducation n’est pas à sens unique, qu’on peut donner des responsabilités aux plus jeunes et apprendre d’eux, les contributeurs de Wikipédia participent tous, à leur manière et avec leurs compétences diverses, à un même travail, sans que l’on préjuge de la qualité du travail que chacun peut fournir. Et c’est la collaboration de plusieurs milliers de personnes qui permet de réaliser un travail colossal et en constante amélioration.

Une autre valeur que partagent, je crois, Wikipédia et le scoutisme, c’est celle du partage. Quant je participe à Wikipédia, j’autorise quiconque à lire, copier, modifier et utiliser de quelque manière que ce soit mon travail. Quelle idée ! Mais quelle joie, quelle fierté même, de penser que ce que vous avez écrit va servir à des dizaines, des centaines, des milliers de personnes peut-être ! Plutôt que d’obliger quelqu’un à perdre un temps important pour effectuer la même recherche ou photographier le même bâtiment que moi, je lui donne directement le résultat de mes recherches, ou ma photo. Cela ne me coûte rien, mais aide cette personne que je ne connais pas. Et ça, je crois que c’est profondément scout.

drapeau Aujourd’hui, je suis davantage impliqué dans l’association qui éduque à l’utilisation de Wikipédia, et monte des partenariats entre celle-ci et diverses institutions. Pourquoi ? Parce que Wikipédia est une idée en laquelle je crois et que j’ai envie de défendre et de rendre plus réelle chaque jour.

Wikipédia se donne pour objectif « un monde dans lequel chacun puisse avoir libre accès à la somme de toutes les connaissances humaines. » En participant à ce projet, je crois « essayer de laisser ce monde un peu meilleur qu’il ne l’était lorsque j’y suis venu », comme Baden-Powell nous y a invité.

— Benjamin Smith Membre de Wikimédia France - Association pour le libre partage de la connaissance www.wikimedia.fr

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vendredi 30 mars 2012

L’Eglise et le Scoutisme : l’engagement auprès de la jeunesse dans le cœur

On continue avec le témoignage de Simon sur son engagement au sein de l’Eglise

Tout a commencé par un dialogue, au sein de la faculté de théologie protestante de Paris, avec une amie étudiante un jour froid mois de février 2010 : pour le prochain week-end de louveteaux, elle manquait de responsables et me demanda si je voulais venir. J’étais un peu retissant au début, devant son insistance j’acceptai, mais en précisant bien que ce sera juste pour ce week-end ! Résultat, un an plus tard, j’étais toujours responsable dans cette même meute !eu

Bien sûr, le scoutisme était un monde qui ne m’était pas inconnu : Mes parents avaient été engagés dans la FEEUF, responsables louveteaux et éclaireurs, formateurs, c’est d’ailleurs en stage de formation qu’ils se sont rencontrés. On peut donc dire que le scoutisme est affaire de famille chez nous. J’avais été louveteau, fait quatre camps, puis pour diverses raisons, j’avais décidé de ne pas passer aux Eclaireurs. J’ai donc passé mes vacances d’été différemment : pendant que mes frères faisaient leur camp louveteaux et éclais en juillet, moi je faisais de mon côté des camps organisés par différentes associations protestantes pour les jeunes. Ce sont ces camps, les rencontres que j’y ai faites, les moments de partage que j’ai eu, l’approche de la foi qui m’ont, peu à peu, fait revenir dans l’Eglise à un moment où je l’avais quitté (pendant mon adolescence) puis m’engager dans des études de théologies, avec, au cours de ces études, une envie de devenir pasteur qui se précisait. Et puis, d’un seul coup, le scoutisme m’a rattrapé. Dés lors, j’ai rattrapé le wagon en marche, et j’ai continué à lier les responsabilités scoutes et ecclésiales. Mes engagements dans l’Eglise étaient donc les suivants: animateurs de deux groupes de catéchisme (pour les 11-14 ans), puis membre du comité d’organisation pour le week-end régional des jeunes de la région parisienne qui s’appelle « Pierrefonds » week-end au quel des EEUDF de la région Ile de France participent avec implication depuis deux ans maintenant. Actuellement, je continue ces engagements, avec ces deux casquettes, dans d’autres endroits de la France, mais toujours avec le désir de relier le scoutisme avec la vie d’Eglise ; Je sais que cela n’est pas forcément facile, d’un sens comme dans l’autre. Sans rentrer dans les détails, cela est, à mon avis principalement dû à deux facteurs : une méconnaissance souvent de l’esprit l’un et de l’autre, et la présence des personnes s’impliquant dans le scoutisme sans avoir de lien avec l’Eglise, ni le protestantisme en général. Je constate d’ailleurs une recrudescence de ces cas ces dernières années, du au constat que les Eglises sont en récession de fidèles, et que l’on peine à recruter des responsables. Nous pouvons regretter, et il m’arrive, hélas, encore d’en faire le constat que certains groupes n’ont de liens avec l’Eglise que les locaux…

eeudf En ce qui me concerne, même si je fais fi de ces difficultés, mon double engagement est pour moi une richesse : je constate même souvent, que dans les Eglises, les responsables des groupes de jeunesses sont souvent bien vus et bien accueillis quand ils disent qu’ils sont aussi actifs dans le scoutisme. Cela est positif, car ça reflète du gage de sérieux que proposent les EEUDF dans leurs projets et leur pédagogie. Cette expérience m’a aussi offert des facilités, notamment dans l’organisation d’animations à la fois pour les enfants dans l’Eglise que pour les louveteaux. Cela m’a concrètement apporté dans l’organisation globale de week-end et de journées avec les catéchumènes que j’ai animés. Il est aussi l’occasion de faire de l’animation à l’année, auprès d’un public varié : quel plaisir et quel bonheur ! Bien sûr, je tiens compte que ce ne sont pas les même objectifs : pour les louveteaux, c’est d’abord l’éducation par le jeu et l’apprentissage, alors que pour les enfants de l’école biblique ou du catéchisme c’est la transmission de la Bonne Nouvelle par des moyens ludiques, mais en veillant à un apprentissage et des acquis. Beaucoup d’objectifs sont sensiblement les mêmes, mais cette prise de vue différente est enrichissante pour notre itinéraire personnel. A chaque fois, dans ces deux situations, je peux me demander : ais-je fais ce qu’il fallait pour transmettre ma foi ? Est-ce que quelque chose à germé dans le cœur de ces enfants ?

erf5 Car oui, des questions, il y en a. Des responsabilités et des décisions importantes aussi. Car tout n’est pas facile : il faut, dans les deux côtés, faire des concessions avec mes collègues : mon double engagement réduit forcément ma disponibilité d’implication dans ces deux groupes. Mes week-end sont toujours chargé, il arrive parfois que ce soit éprouvant. Il faut aussi que j’arrive à jongler avec les dates et les emplois du temps, ce qui est toujours casse-tête… Mais tout cela est compensé par des forts moments de joie et d’expériences inoubliables : quand j’ai vu ces louveteaux qui ont participés à la fête de noël de la paroisse en chantant un chant et on faisant les figurants du spectacle alors que la grande majorité d’entre eux n’était jamais entrés dans un temple ! Quand j’ai vu ces jeunes de 14 ans chanter d’une même voix le cantique des patrouilles en commun avec les éclaireurs lors du week-end de Pierrefonds ! Ces moments vécu, aussi brefs qu’ils soient, regorgent d’intensités, de souvenirs, d’émotions, et de rêves. Les rêves que nous pouvons bâtir ensemble, et que nous pouvons espérer. Espérer à un monde plus juste, meilleur, ou la solidarité et l’amour l’emporteront sur la compétition et la rivalité. Ceci est dans la Bible, est se trouve aussi dans le projet des EEUDF.

Dans quelques années, si tout vas bien, je serai pasteur. Il me reste encore du chemin à faire, des objectifs et des expériences à réaliser. Ces objectifs et projets soient que, dans mon ministère, les jeunes, scouts et non scouts puissent collaborer ensemble ; jouer, imaginer, inventer, rêver. Vivre, tout simplement.

Simon

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jeudi 29 mars 2012

se sentir acteur de la vie commune

C’est au tour de Colin, militant Europe Ecologie-Les Verts de venir témoigner de son engagement

Nous voulons former des citoyens. En tant que membre du mouvement, je suis à la fois formateur de citoyens et formé en tant que tel. Pour moi, être citoyen implique de nombreuses choses. eelv

Etre citoyen c’est se sentir acteur de la vie commune, c’est se sentir responsable du bien-être de la communauté. Précisément c’est ce que l’on vit au cours d’un camp, au cours d’un week-end. A sa mesure, à son échelle, chacun est amené à participer activement à la vie du groupe. Chacun est appelé à réfléchir et à se demander ce qui doit être fait, et ce qu’on peut faire soi même pour veiller à la bonne marche du projet de vie en collectivité. Dans la vie réelle, cela correspond à deux comportements complémentaires : le civisme et la réflexion politique. A titre personnel, et je tiens sûrement ça au moins en partie de mon expérience scoute, j’essaie de caler mon comportement sur celui que j’attends moi-même des autres. Lutter contre le « peu importe quelqu’un d’autre va s’en occuper ». Cette façon de réfléchir conduit aussi à envisager le monde de façon critique. Comment faire pour que le monde soit un endroit plus agréable à vivre ? Que puis-je faire moi-même pour y arriver, que puis-je attendre des pouvoirs, des institutions pour y parvenir.

Ensuite, aux eu, nous aimons dire que nous voulons « changer le monde ». La grosse citation tarte à la crème de Gandhi : sois le changement que tu veux voir dans le monde. Si tu veux le changement, agis. Tu peux agir chez toi et changer ta façon de te comporter. Tu peux éduquer et changer la façon de voir le monde chez les autres. Tu peux t’inscrire dans un combat collectif qui défende tes idéaux. Tu peux entrer dans le rapport de force pour essayer d’influencer les lois, les institutions.electeur

Pour moi, être citoyen c’est aussi avoir un avis, prendre parti. Choisir entre différents modèles de sociétés, mais aussi entre différentes lois, mesures, prises de positions proposées.

C’est pourquoi mon engagement chez les eeudf se rejoint avec mon engagement partisan. Il s’agit de façons différentes et complémentaires d’agir pour vivre ma citoyenneté, telle que je m’en fais l’idée.

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« L’engagement, une notion qui rassemble »

On continue notre série avec Félix, ancien responsable à l’étoile, engagé à l’UMP

Le scoutisme que j’ai eu la chance de vivre à la troupe de l’Etoile au sein des EEUDF à Paris souhaite apporter du sang neuf aux jeunes générations. Leur donner le goût d’entreprendre, de construire, de s’engager. C’est en inculquant certaines valeurs aux jeunes générations que nous pourrons bâtir la société la plus équilibrée qui soit. Le scoutisme incarne en cela l’essence même de la conviction politique du jeune : il aura une conception différente de ses idéaux selon ce qu’on lui aura inculqué dans le cadre de ses activités passées. Ainsi, je me suis personnellement engagé au sein de l’UMP en 2005, lors de ma dernière année passée au sein de la troupe en tant qu’éclaireur.
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L’engagement est en soit une notion familière à ces deux institutions que sont le scoutisme et la vie politique : dans les deux cas, nous représentons une communauté et les valeurs qu’elle incarne, et ce, dans la vie quotidienne. Ainsi, l’ « insigne civil » dans le premier cas représenterait la carte d’adhésion dans le second. Et nos gestes au quotidien peuvent être influencés par nos engagements, qui sont en cela permanents et non simplement ponctuels. Et puis finalement, dans les deux cas, nous cherchons à bousculer les idées reçues, et nous nous positionnons ni dans un refus systématique, ni dans un soutien systématique à ce que la société cherche à nous faire accepter. Nous saurons dire oui ou non, au bon moment, en toute liberté.

L’éloge du travail, de l’effort, de la responsabilité se retrouvent souvent dans le discours politique. Baden Powell parlait du travail comme un « élixir de vie ». Celui-ci a en son temps été assez décrié par toute une partie de la société, qui voyait en lui un «accapareur de liberté » pour les jeunes : rien n’est plus choquant que la morgue des faiseurs d’opinion qui ont décrété la victoire de certaines idées, sans vouloir comprendre celles des autres. « Résister à l’empire morale des majorités » : cet adage popularisé par Tocqueville a tant de beaux jours devant lui. Le scoutisme, un temps ringard, un temps mieux perçu, a perduré au fil des ans grâce à cette vertu de l’engagement qui est propre à ses défenseurs.
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Sans rentrer dans des détails techniques qui politiseraient ces quelques lignes dont le but n’est pas tant idéologique, ces points sont essentiels dans le rapprochement qu’on voudrait établir entre ces deux formes d’implications : l’engagement, la responsabilité, et l’effort sont les vertus premières d’un homme politique. Si l’un de ces trois piliers s’effondre, les autres ne peuvent perdurer. J’en dirai autant vis-à-vis de l’engagement scout, qui ne l’oublions pas, doit demeurer malgré tout « apolitique ».

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engagements adultes

Voici maintenant le temoignage d’alexis, membre du parti socialiste

29 mai 2005: référendum sur la constitution européenne, j’ai 16 ans, je viens de me faire renvoyer (temporairement) du lycée pour cause de manifestation étudiante, je suis place de la Bastille pour fêter les 55% en faveur du NON. Dans les jours qui suivent, je décide de prendre ma carte au parti socialiste. Septembre 2006, après 10 années en tant que jeune dans le mouvement des éclaireurs unionistes, je deviens responsables louveteaux. J’ai 17 ans.
ps Quel rapport entre ces deux moments? Il s’agit tout simplement de mes premiers engagements adultes. Il s’agit de mes premiers actes militants, de ce moment où je décide d’agir dans la société. Ne plus être victime de l’ordre établi mais agir pour changer le monde. Traduire par le politique les aspirations au changement, à la réappropriation de notre destin commun.

Ce qui m’amène à m’engager en politique, à penser que je suis légitime pour le faire, c’est parce que je partage une vision optimiste de l’homme : que je pense mon prochain avant tout un coopérateur et non un adversaire, que l’autre est frère avec qui j’ai tant à bâtir, que la société ne peut et ne doit se réduire à des échanges économiques. Bref que l’homme est bon et est fait pour construire société.

Et cette vision de l’homme, c’est dans le scoutisme, dans la fraternité que je la pense, que je la découvre ou du moins que je me l‘imagine. Parce que le scoutisme m’a appris que l’on pouvait vivre différemment, sur d’autres principes, notamment la bienveillance et surtout qu’on avait le droit d’être révolté, j’ai fait mienne l’idée de « changer le monde ».

Ce que j’aime dans ce mouvement, c’est sa capacité à me faire vivre un engagement fidèle à mes valeurs sans pour autant penser que le projet du mouvement est de gauche. C’est son ambigüité, sa diversité qui me plait tant, qui m’énerve aussi parfois. Alors je construis un engagement double basé sur la complémentarité, trouvant dans l’un, les manquements à l’autre et vice versa. electeur

Je ne pense pas partager les mêmes valeurs dans mes deux engagements, pensant avant tout le PS comme une modalité de l’action (la transformation par la réforme des aspirations légitimes au changement) mais je sais que chacun nourrit l’autre et me permets de poursuivre mon engagement .

Aujourd’hui, je ne peux penser ses deux engagements citoyens, mes choix adultes, séparément.

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Le « Vote Blanc »

On commence notre série avec Hervé, militant MODEM et CGC

Au soir de l’élection, le premier chiffre qui sera commenté, c’est celui de l’abstention. A cette abstention s’ajouteront les votes blancs.
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Le « Vote Blanc » : certains y voient un acte de contestation. Ce n’est rien d’autre qu’une fuite face à ses responsabilités, là où l’abstention est un manquement à son devoir.Être responsable, être adulte, être citoyen, être éducateur, c’est faire des choix. « Epanouis et libres de leurs choix » est bien ce qui définit, dans notre projet éducatif, les citoyens que deviendront demain nos éclaireurs.Ne pas faire de choix, c’est vivre dans l’irresponsabilité. « Libre de ne pas choisir » reflèterait la pensée de l’enfant gâté.

Ce qui me répugne dans les commentaires souvent faits sur les votes blancs, c’est la facilité de rejeter la faute « sur les autres » : « C’est la faute des politiques, la faute des partis : ils ont perdu le contact avec les citoyens ».Comme si dans notre république il y avait deux catégories : « les politiques » et « les citoyens ».Oublierait-on qu’en vivant en démocratie, être citoyen c’est intrinsèquement être un « politique » : une personne impliquée dans la gestion de la cité. Oublierait-on que les partis sont constitués de ceux qui y adhèrent ? de ceux qui les fondent, de ceux qui les animent ?

Se déplacer pour aller voter quand il y a des élections, oui, c’est un devoir. Mais s’acquitter simplement de son devoir est-il suffisant ? Notre ambition doit être de peser de tout notre poids dans les choix de sociétés, car nous avons des convictions.Et lorsque nous avons des doutes, il est encore plus important d’occuper l’espace politique, pour que la voix de ceux qui n’ont que des certitudes, que la voix des extrêmes, ne soit pas la seule voix audible. C’est justement l’absence de “certitudes dogmatiques” qui m’a séduit dans le parti centriste.
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Alors j’ai pris ma carte, je me suis levé les dimanches matin pour distribuer des tracts sur les marchés… C’est moins sympa qu’une sortie éclais, mais… j’étais porté par le même élan de bénévolat ! Lorsque des badauds rencontrés sur les marchés m’interpellent : « vous êtes payés combien pour distribuer ces tracts ? »… je revois ces parents de louveteaux qui ouvrent des yeux tout ronds, lorsqu’ils apprennent que les resps sont bénévoles… Lorsque dans l’excitation qui monte à l’approche des élections, mon camarade avec qui j’allais faire le tour des panneaux électoraux de la ville lançait : « j’adore quand ça sent la colle ! », nous étions comme au départ du précamp lorsqu’on démarre le camion…

Puis c’est la même logique qui m’a fait adhérer à la CGC. Le syndicalisme caricatural qu’on voit si souvent dans les médias est porteur d’un discours « anti-patrons » dans lequel je ne me reconnais pas. Résultat, beaucoup de salariés qui ne sont pas « anti-patrons » ne se syndiquent pas… et laissent le champ syndical libre pour les extrêmes. Le même phénomène existe pour la religion. L’« abstention religieuse » de ceux qui vivent en fait une foi colorée de doutes, de nuances, d’interrogations, laissent le champ libre à des extrémismes religieux. En réaffirmant son identité protestante, les EEUdF s’autorisent à prendre la parole sur la scène religieuse… scène qui pèse au moins autant que la scène politique dans les évolutions à long terme de notre société ; Savoir ce que signifie « pardonner » est peut-être plus important, pour chacun de nous, au quotidien, que l’âge de notre départ à la retraite ou le taux de nos impôts

Vous pouvez aussi nous faire parvenir vos témoignages a temoignages.eeudf@gmail.com pour parler l’engagement au service de la société

Former des citoyens engagés au service de la société!

Le peuple français s’apprête à aller voter pour élire le ou la prochaine président-e de la République française. Chacun-e d’entre nous est concerné-e par cette décision que nous avons à prendre, individuellement, en tant que citoyen, et collectivement.
militant Notre projet éducatif nous invite à former des citoyens engagés au service d’une société que nous souhaitons plus fraternelle, plus solidaire et plus soucieuse de son environnement. Ainsi nous faisons le choix d’un ancrage dans notre monde, dans notre environnement, dans la vie de la cité, bref dans le politique. Mouvement d’éducation populaire qui forme des citoyens, nous savons que, pour être une réalité vivante, la démocratie s’apprend, qu’elle se vit bien au-delà de l’espace des partis et du temps des élections. C’est pourquoi nous encourageons les jeunes à s’approprier tous les espaces-temps de la vie de la cité, à faire vivre la démocratie partout où il s’engage.

Cependant, ce moment particulier que nous donne la 5ème République est une formidable occasion de s’emparer de la Res Publica, la Chose Publique… Le Politique. Nous avons voulu donner l’occasion aux responsables, mais néanmoins citoyen-nes, de le faire joyeusement, sereinement mais avec sérieux.
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Durant toute la fin de cette campagne nous publierons des témoignages d’unionistes qui sont engagés derrière un candidat, dans un parti, mais aussi dans d’autres espaces du Politique (associations, syndicats, églises,…). Ce ne sera pas le lieu de défendre un parti ou une idéologie, mais celui où nous pouvons exprimer le sens de notre engagement, la nature de notre lien à cette chose publique. Le mouvement n’a pas de position collective, faisons donc le pari de montrer la diversité des positions individuelles. Chaque auteur parlera de là où il est, lui ou elle.

Qu’est-ce qui nous pousse à nous engager ? Notre intérêt pour les décisions et le débat de la cité ont-ils un lien avec notre engagement unioniste ? Ou au contraire est-ce vécu comme contradiction ?

Nous avons été heureusement surpris du nombre de réponses positives et venant d’horizons politiques divers. C’est le signe qu’au-delà des diffusions de tracts, affichages, meetings, discussions à bâtons rompus, nous avons envie d’exprimer ce qui nous anime profondément dans cette démarche.

Vous aussi, témoignez, commentez, discutez !

Héloïse Duché et Alexis Guerit

Si vous souhaitez vous aussi témoigner, faites nous parvenir votre texte à témoignages.eeudf@gmail.com