Sanctionner une transgression, ou punir son auteur ?

La punition s’inscrit dans un rapport de force. Elle vise à rabaisser la personne punie, à la rabaisser pour obtenir son obéissance, sa soumission. Elle est violence, humiliation… et laisse un ressentiment qui rejaillira à l’avenir. Au contraire, la sanction vise à ré-insérer l’auteur d’une transgression dans le groupe, alors que la transgression d’une règle de se groupe l’en a fait sortir, au moins symboliquement.

Trois types de sanctions

Dans tous les cas, la sanction est d’autant plus efficace qu’elle est en rapport direct avec l’acte commis.

La frustration : « puisque tu n’as pas respecté la règle, tu en perds le bénéfice »

Par exemple :

  • confisquer l’objet qui a fait l’objet d’une « bêtise » (mauvais usage, dégradation, usage sans permission… )
  • retirer la permission dont il l’enfant / le jeune a abusé. Par exemple : vous avez fait du stop en explo, on écourte l’explo.

La mise à l’écart : « va te calmer dans ta chambre »

Il s’agit pas d’humilier ni de rejeter la personne concernée (« après ce que tu as fait, tu ne mérites pas d’être avec nous »), mais de donner à l’enfant ou au jeune l’occasion d’un retour sur soi. La mise à l’écart vise à préparer le retour dans le groupe en ayant pris du recul sur la situation.

La réparation

Elle transforme la peine en effort. Elle peut être physique, matérielle ou symbolique. Trois conditions doivent être réunies :

  • la victime accepte la compensation proposée
  • le fautif accepte de faire un effort pour réparer son erreur
  • la réparation est en rapport avec l’acte sanctionné et aide l’enfant à intégrer la règle qu’il a enfreinte.

Quand sanctionner ?

La sanction peut être immédiate, notamment si la règle avait été clairement posée et que l’enfant refuse de la respecter. Elle peut aussi être différée, ce qui permet notamment à l’adulte de choisir une sanction adaptée et proportionnée, une fois la colère passée.

Pour en savoir plus

”Pour une sanction non-violente”, Édition non-violence actualité