Le compagnonnage est l’engagement personnel de chaque aîné auprès d’un partenaire extérieur aux EEUdF (association, artisan, collectivité, privé, artiste…) en fin de la Route. L’aîné peut ainsi gagner en autonomie et sortir du « cocon » des EEUdF tout en maintenant le cordon ombilical que sont le soutien de l’équipe et l’accompagnement des responsables. Il y expérimentera plus directement ses choix de vie et réalisera un « chef d’œuvre ». Cette expérience de compagnonnage pourra déboucher chez certains sur un choix d’étude, de profession, de loisirs, d’engagement, de lieu de vie, de choix de vie…

Intentions éducatives
- permettre à l’aîné d’oser vivre ses convictions et ses projets personnels.
Objectifs pour l’aîné
- amorcer un projet personnel
- vivre et assumer ses engagements avec le soutien bienveillant de l’équipe.

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Rôle des responsables
Les responsables accompagnent l’aîné dans la définition, la recherche, la mise en œuvre et le suivi de son compagnonnage. De même que pour le choix du Pacte et du Pari, les responsables n’ont qu’un rôle de facilitateur.
Comme c’est un projet personnel, l’aîné doit surtout compter sur lui-même pour ne pas renoncer devant les obstacles. Les responsables doivent être là pour le remotiver.
Les responsables favoriseront l’organisation de partage d’expérience à l’intérieur de l’équipe. Cela permettra aux aînés de confronter leurs vécus, d’identifier les acquis de la Route et d’exprimer leurs doutes.
Le suivi des responsables s’arrête avec l’Envoi de l’équipe même si l’aîné décide de poursuivre à titre personnel avec le partenaire.

Le mouvement propose sur son site une convention type pour les partenaires qui accueillent des aînés pour leur compagnonnage. Cette convention permet de donner un cadre institutionnel (notamment pour l’assurance) à l’activité. Elle est l’occasion pour les responsables de suivre l’aîné en allant rencontrer le partenaire.

Les risques et les écueils à éviter
- Éviter de présenter le compagnonnage comme un projet « en plus », mais montrer dès le début qu’il s’inscrit bien dans la Route puisqu’il permet à chacun d’aller au bout de son Itinéraire : vivre ses choix les plus personnels.
- La volonté de ne pas se séparer du groupe en voulant vivre à deux le même compagnonnage marque une peur de l’autonomie et une difficulté à affirmer ses choix. Le compagnonnage n’est pourtant qu’une expérience limitée dans le temps et entrecoupée de rencontres avec le reste de l’équipe.
- La volonté de l’équipe d’arrêter la Route après la fin du projet et de ne pas vivre le compagnonnage montre que la réflexion personnelle n’a pas abouti ou n’a pas été assez forte pour déclencher le besoin chez l’aîné de mettre en pratique ses propres convictions.
- Devenir responsable n’est pas un compagnonnage malgré les tentations que peut avoir l’aîné ou la pression en ce sens que pourraient exercer les cadres du groupe local. En effet une expérience de responsable ne permet pas d’acquérir une vraie autonomie car l’aîné ne sort pas du cocon des EEUdF. Si l’aîné a envie de devenir responsable, cette envie sera suffisamment forte pour subsister jusqu’à l’Envoi de l’équipe. En devenant responsable après son compagnonnage, il apportera au sein des EEUdF l’expérience acquise lors de ce compagnonnage.
- Il peut arriver que les aînés ne soient pas convaincus par l’intérêt du compagnonnage, prétextant qu’ils peuvent vivre cette expérience par eux-mêmes hors mouvement, de leur propre chef. Le compagnonnage offre pourtant un accompagnement des responsables et un soutien de l’équipe. Il faut leur expliquer l’intérêt du compagnonnage pour arriver à construire des choix personnels.
La Croisée, le groupe local et les responsables aînés peuvent avoir des listes d’associations, de contacts et de lieux pour aider les aînés dans leurs choix. Pour autant, cette liste n’est pas un endroit où piocher pour choisir : il faut d’abord définir ses valeurs et ses motivations avant de se lier avec un partenaire.

Frédéric Faverjon, pour la Commission branche Aînée

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