On commence notre série avec Hervé, militant MODEM et CGC

Au soir de l’élection, le premier chiffre qui sera commenté, c’est celui de l’abstention. A cette abstention s’ajouteront les votes blancs.
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Le « Vote Blanc » : certains y voient un acte de contestation. Ce n’est rien d’autre qu’une fuite face à ses responsabilités, là où l’abstention est un manquement à son devoir.Être responsable, être adulte, être citoyen, être éducateur, c’est faire des choix. « Epanouis et libres de leurs choix » est bien ce qui définit, dans notre projet éducatif, les citoyens que deviendront demain nos éclaireurs.Ne pas faire de choix, c’est vivre dans l’irresponsabilité. « Libre de ne pas choisir » reflèterait la pensée de l’enfant gâté.

Ce qui me répugne dans les commentaires souvent faits sur les votes blancs, c’est la facilité de rejeter la faute « sur les autres » : « C’est la faute des politiques, la faute des partis : ils ont perdu le contact avec les citoyens ».Comme si dans notre république il y avait deux catégories : « les politiques » et « les citoyens ».Oublierait-on qu’en vivant en démocratie, être citoyen c’est intrinsèquement être un « politique » : une personne impliquée dans la gestion de la cité. Oublierait-on que les partis sont constitués de ceux qui y adhèrent ? de ceux qui les fondent, de ceux qui les animent ?

Se déplacer pour aller voter quand il y a des élections, oui, c’est un devoir. Mais s’acquitter simplement de son devoir est-il suffisant ? Notre ambition doit être de peser de tout notre poids dans les choix de sociétés, car nous avons des convictions.Et lorsque nous avons des doutes, il est encore plus important d’occuper l’espace politique, pour que la voix de ceux qui n’ont que des certitudes, que la voix des extrêmes, ne soit pas la seule voix audible. C’est justement l’absence de “certitudes dogmatiques” qui m’a séduit dans le parti centriste.
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Alors j’ai pris ma carte, je me suis levé les dimanches matin pour distribuer des tracts sur les marchés… C’est moins sympa qu’une sortie éclais, mais… j’étais porté par le même élan de bénévolat ! Lorsque des badauds rencontrés sur les marchés m’interpellent : « vous êtes payés combien pour distribuer ces tracts ? »… je revois ces parents de louveteaux qui ouvrent des yeux tout ronds, lorsqu’ils apprennent que les resps sont bénévoles… Lorsque dans l’excitation qui monte à l’approche des élections, mon camarade avec qui j’allais faire le tour des panneaux électoraux de la ville lançait : « j’adore quand ça sent la colle ! », nous étions comme au départ du précamp lorsqu’on démarre le camion…

Puis c’est la même logique qui m’a fait adhérer à la CGC. Le syndicalisme caricatural qu’on voit si souvent dans les médias est porteur d’un discours « anti-patrons » dans lequel je ne me reconnais pas. Résultat, beaucoup de salariés qui ne sont pas « anti-patrons » ne se syndiquent pas… et laissent le champ syndical libre pour les extrêmes. Le même phénomène existe pour la religion. L’« abstention religieuse » de ceux qui vivent en fait une foi colorée de doutes, de nuances, d’interrogations, laissent le champ libre à des extrémismes religieux. En réaffirmant son identité protestante, les EEUdF s’autorisent à prendre la parole sur la scène religieuse… scène qui pèse au moins autant que la scène politique dans les évolutions à long terme de notre société ; Savoir ce que signifie « pardonner » est peut-être plus important, pour chacun de nous, au quotidien, que l’âge de notre départ à la retraite ou le taux de nos impôts

Vous pouvez aussi nous faire parvenir vos témoignages a temoignages.eeudf@gmail.com pour parler l’engagement au service de la société