Quel était l’impact de ce conflit sur l’équipe de responsables ?

L’ambiance de l’équipe était plombée par ce conflit. Ces deux resps ne pouvaient pas travailler ensemble et disaient du mal de l’autre à leurs affinités respectives. De plus, même si ces deux resps évitaient le clash devant les enfants, le risque de craquage pendant le camp, avec toute la pression que celui-ci induit, était grand.

Pourquoi as-tu proposé une médiation ? Comment l’as-tu présentée aux deux responsables impliqués et au reste de l’équipe ?

Je connaissais la médiation auparavant : j’avais été formé à la communication non violente et à cet outil environ un an avant. Donc je maitrisais la méthode. Mais surtout, la seule solution dans ce genre de conflit qui dure depuis longtemps est de parler ! La médiation allait permettre à chacun de parler à l’autre du conflit.

Concrètement, à la fin du précamp, après avoir constaté que mes craintes de l’année étaient justifiées (l’ambiance était vraiment mauvaise) et avant que les enfants n’arrivent, j’ai réuni toute l’équipe.
J’ai exposé une observation de la situation qui a permis à chacun de prendre conscience de l’impact de ce conflit sur l’équipe. J’ai alors proposé aux deux protagonistes de discuter de leur problème, avec la possibilité que tout le monde s’en aille, moi y compris, ou au contraire que je reste pour les aider en vivant une médiation.
Les responsables ont choisi la médiation et ont accepté que le reste de l’équipe y assiste.

Comment s’est déroulée la médiation ?

J’ai d’abord posé le cadre de la discussion : chacun devait parler à son tour, sans couper la parole à l’autre, en reformulant ce que l’autre avait dit avant de répondre.
Le reste de l’équipe n’avait pas le droit d’intervenir. Les deux responsables ont ensuite exprimé chacun la manière dont ils ressentaient la situation. Je les ai parfois aidés dans la reformulation. Il n’y a pas eu de demande concrète à la fin de la médiation mais le fait que chacun ait senti que l’autre avait entendu la manière dont il vivait la situation les a amenés à conclure une « trêve. » Il n’y a pas eu d’autres actions pendant le camp.

Comment s’est passée la suite du camp ?

Cette discussion a considérablement changé l’ambiance. Il y avait toujours quelques tensions, mais de manière supportable : le rôle de « tampon » du reste de l’équipe est devenu tout à fait vivable. Le reste de l’équipe était soulagé. Au final, cette médiation n’a pas réglé complètement le conflit mais nous a permis de vivre ensemble pendant tout le camp.

Propos recueillis par Sandrine Dallaporta