Nous sommes à la veille des fêtes, moments propices aux bonnes actions et aux élans de solidarité. Organisée au cours d’une activité, l’action de service (ou de solidarité) constitue un excellent apprentissage à la citoyenneté et part d’un très bon sentiment. Mais attention ! Il s’agit avant tout de rendre un service utile et d’inscrire ton don ou ta démarche dans un projet cohérent.

Amorcer une vraie réflexion autour de l’action de service

Vous ne pouvez pas, vous autres éclaireurs, faire mieux que de suivre l’exemple de vos aïeux les chevaliers. Un point important de leur programme, c’est que tous les jours, ils devaient rendre un service à quelqu’un, et c’est aussi une de nos règles. S’il vous arrivait d’avoir oublié, faites deux bonnes actions le lendemain. Souvenez-vous que votre promesse d’éclaireur vous engage sur l’honneur à rendre ce service quotidien”. Baden-Powell

Collecter des jouets pour Noël, participer à l’organisation d’un festival, prendre part à une action pour la banque alimentaire sont autant d’initiatives auxquelles tu peux contribuer. Qu’elle se vive dans la proximité ou en direction de pays étrangers, l’action de service te demande d’être en cohérence avec les valeurs qui seront véhiculées au cours de l’opération … et cela ne s’improvise pas !

Le sens du service, comme nous le rappelle cette citation de Baden-Powell, fait partie intégrante de notre projet éducatif : être attentifs aux besoins des autres (autour de nous comme dans le monde), trouver des moyens pour contribuer à répondre à ces besoins, prendre conscience des limites de notre action, voir la personne aidée comme une égale sont autant d’éléments à intégrer lorsque tu élabores une action de service.

On associe par exemple trop souvent solidarité à don d’argent, d’objets, de stylos, de médicaments. N’oublie pas que ces dons collectés doivent répondre à un réel besoin. Même si ta démarche témoigne d’un élan de solidarité sincère, elle peut également générer des effets pervers et des conséquences tragiques pour le pays, le village, l’école ou la personne à laquelle tu as voulu venir en aide.

L’article « Mener une action de solidarité avec des enfants et des jeunes » du journal de l’animation* illustre parfaitement ce propos et nous donne des exemples concrets : « envoyer des fripes en Afrique, c’est contribuer à casser ce marché sur le continent. Expédier de vieux médicaments n’aide pas les pays du sud à développer leur inductrie pharmaceutique. Faire parvenir de vieux ordinateurs dans un village du sud, est-ce ce dont les habitants ont le plus besoin ? ». Autant de questions qu’il est indispensable de se poser avant de se lancer dans une action solidaire, ceci afin d’éviter d’être contreproductif.

Si tu souhaites accompagner des enfants dans une démarche d’action de services, n’hésite pas à utiliser ce kit ludique « Comprendre avant d’agir ». Il s’agit de jeux et d’activités à mener avec les enfants et qui leur permettront de comprendre le contexte dans lequel ils vivent avant d’agir et se lancer dans une action de solidarité.



  • Journal de l’animation numéro 112, octobre 2010, Mener une action de solidarité avec des enfants et des jeunes p.40-44