Tu réitères l’expérience de l’année dernière, pourquoi avoir fait le choix d’être intendant sur le camp CANA’MOUSSE 2013 qui aura lieu cet été au Lac de LAVAUD, non loin de Limoges.

Sans nul doute, revivre l’aventure des camps est un grand retour aux sources ! L’occasion s’est présentée l’année dernière lorsque Vincent Dhouailly (coordo de la région Nord, organisateur des camps, et chef de camp) m’ a demandé de l’aide pour organiser un grand camp qui rassemblait 80 personnes.

Cette année, je devais renouveler l’engagement logistique et l’intendance avec Mickaël (également sollicité l’an passé) et me joindre à Simon (cadre à Lille Métropole) et deux mamans, Anne et Lucile. Malheureusement, je me suis blessé ce qui rendra ma participation un peu plus difficile mais je serai toutefois au rendez-vous : nous aurons à gérer l’intendance de plusieurs sous-camps sur Cana’mousse . Il s’agit d’une sacrée organisation, possible grâce à la mobilisation des cadres et de certains parents, et surtout d’une logistique importante. La connaissance technique des « anciens » sera très précieuse. Cela facilitera les choses par exemple pour faire ouvrir un compteur EDF sur le lieu du camp. On pourra alors alimenter « les batteries » de frigos et congélateurs nécessaires pour le stockage des denrées des quelques 170 enfants, 34 responsables et 6 logisticiens qui seront présents sur « la plaine » et qui représentent la moitié du dispositif Canama 2013.

Consacres-tu beaucoup de temps à l’intendance ? Que représente cette activité en terme de temps, d’investissement ?

J’y consacre beaucoup de temps, surtout en amont du camp. D’abord, il s’agit d’organiser la visite de pré-camp avec les cadres et le directeur du camp. Nous faisons le tour des marchés du coin et faisons connaissance avec les producteurs locaux de fruits et légumes, les fromagers, les élus locaux, les médecins, pharmaciens, boulangers, ou encore les entreprises de bricolage. En parallèle, nous organisons des réunions logistiques au cours desquelles nous établissons les protocoles de sécurité et de communication, les menus et listes de courses prévisionnelles. Tout ce travail se fait collégialement, en coordination avec le chef de camp qui nous transmet la grille des activités.

Pour être honnête, la gestion de l’intendance d’un camp scout n’est pas sans conséquence sur mes vacances d’été. J’y consacre presqu’entièrement mes semaines de congés ! Mais c’est un grand bonheur de participer à la vie du Mouvement, car ses valeurs se sont inscrites en moi depuis mon enfance. C’est ma manière de m’engager, de continuer à le faire vivre, d’ apporter ma pierre à l’édifice. J’appelle cela le « retour à l’envoyeur », ou le « rendu de monnaie » , cela me paraît naturel tant ce mouvement m’a apporté dans ma construction d’homme et de citoyen.

Que pensent tes enfants de voir Papa sur leur camp ?

Je n’ai pas encore eu l’occasion de gérer l’intendance d’un camp éclaireur et ne suis pas sûr que je tenterai l’expérience ! Nos ados ont besoin que leurs parents les lâchent un peu. La gestion de leur propre intendance est un bon apprentissage de la vie et de l’autonomie donc une intrusion de notre part leur serait néfaste. La présence de parents sur le lieu du camp est plutôt appréciée par les louveteaux par contre.

D’une manière générale, je pense que l’engagement de parents dans la vie du groupe local et dans l’organisation des camps est une bonne chose. Néanmoins, l’enfant doit vivre son camp affranchi de leur présence. C’est pourquoi nous sommes vigilants à que l’intendance soit installée à part du lieu de vie des enfants. Ils savent qu’ils ont droit à deux bisous par jour. A eux de choisir le moment qui leur convient en accord avec leurs responsables. Le petit câlin se fait à l’intendance. Pas dans le marabout de couchage. Chacun sa place, chacun son rôle. Nous ne sommes pas responsables des enfants pendant ces camps. Leurs responsables, leurs chefs sont là pour ça. Ne mélangeons pas les rôles pour l’épanouissement de chacun !